Football africain : la Coupe d’Afrique des Nations 2025 en phase de préparation avancée
Par Léa Toure, journaliste sportive — spécialisée dans le football africain et l’analyse des compétitions internationales.
La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, qui se déroulera en Côte d’Ivoire, entre dans sa phase déterminante de qualification. Cette compétition, attendue avec impatience dans tout le continent et les diasporas francophones, met déjà en lumière plusieurs enjeux sportifs mais aussi économiques, notamment pour le marché des paris sportifs en Afrique francophone.
La Fédération Ivoirienne de Football (FIF), chargée de l’organisation, a confirmé que la préparation avance conformément au calendrier. Plusieurs pays francophones de la zone Afrique de l’Ouest et Centrale ont lancé leurs campagnes qualificatives, avec des affiches majeures opposant les Lions de la Teranga (Sénégal), les Éléphants de Côte d’Ivoire et les Lions Indomptables du Cameroun. Le Syli National de Guinée et les Léopards de la RD Congo s’activent également dans ces éliminatoires qui sont très suivies.
Selon les données publiées par la Confédération Africaine de Football (CAF), le taux d’affluence et d’engagement autour des matchs de qualification a augmenté d’environ 12 % par rapport à la dernière édition, signe d’un regain d’intérêt au sein des populations locales et de la diaspora. Cette dynamique a un impact direct sur les volumes de paris enregistrés dans la région, un marché estimé à plusieurs milliards de francs CFA selon une étude récente menée par l’institut africain de veille économique.
« La multiplication des plateformes en ligne et l’accessibilité accrue grâce aux moyens de paiement comme Orange Money ou MTN Mobile Money ont profondément changé les habitudes des parieurs, en particulier dans les pays francophones d’Afrique de l’Ouest », explique Samba Diarra, analyste au Centre d’Études Économiques du Sport d’Abidjan (CEESA). Il souligne toutefois que cette croissance s’accompagne de défis importants liés à la régulation et à la protection des consommateurs.
En France, l’Autorité Nationale des Jeux (ANJ) supervise un cadre réglementaire strict pour le secteur, incluant notamment des mesures de prévention des addictions et des obligations de transparence accrues. En Afrique francophone, le scénario est hétérogène : certains pays comme le Sénégal ont des monopoles étatiques tels que la LONASE, tandis que d’autres régions voient une multiplication d’opérateurs privés avec des niveaux de contrôle très variables.
Cette disparité pose la question de la gouvernance dans le marché des jeux d’argent. Le débat est d’autant plus sensible que plusieurs fédérations sportives locales n’ont pas encore formalisé de codes de conduite concernant les relations avec les opérateurs de paris, contrairement à ce qui se pratique en Ligue 1 en France, par exemple, où les interdictions de sponsoring sont de plus en plus strictes.
À Dakar, il est courant que les grandes rencontres de football, comme celles des clubs Génération Foot ou Teungueth FC, soient suivies dans les maquis et bars animés, des lieux où le phénomène des paris sportifs est parfois visible. L’émergence des jeux en ligne, jugés plus pratiques, entraîne un transfert progressif des parieurs vers ces plateformes numériques. Cependant, la croissance rapide du secteur doit s’accompagner de politiques responsables, car les signes de dépendance aux jeux sont constatés avec inquiétude par les chercheurs locaux.
Sur ce point, une récente enquête de l’Institut Africain de Recherche en Addictions a révélé que 7 % des jeunes parieurs âgés de 18 à 25 ans présentent des comportements à risque. Cela alerte sur la nécessité d’une coordination accrue entre les autorités régulatrices, les opérateurs et les acteurs sportifs afin de protéger ce public vulnérable.
Le lien entre la popularité du football francophone et le développement du marché des paris reste indéniable. Comme le souligne Fatoumata Coulibaly, experte en économie du sport à l’Université de Bamako, « ces deux univers évoluent de manière symbiotique, l’intérêt pour le ballon rond stimulant la demande autour des paris, tandis que la visibilité des enjeux sportifs aide à la structuration économique du secteur des jeux ». Cela explique en partie pourquoi des plateformes telles que https://telecharger-premierbet.com connaissent une fréquentation croissante ces dernières années.
Pourtant, la croissance fulgurante n’efface pas les lacunes dans l’harmonisation des législations entre pays africains. La nécessité d’une meilleure coopération continentale apparaît comme un défi majeur pour assurer un développement durable et éthique du marché des jeux d’argent, tout en renforçant les retombées positives pour le football local et régional.
À l’approche de la phase finale de la CAN 2025, l’heure est donc à la vigilance et à la préparation sur plusieurs fronts, sportifs comme économiques, pour que cette grande fête du football africain soit aussi un moteur de progrès dans les secteurs qui gravitent autour.
Léa Toure couvre le football africain et les enjeux économiques liés au sport. Sa veille régulière des compétitions francophones permet d’éclairer les interactions entre sport et marchés émergents.
18+, jouer avec modération. En cas de signes de dépendance ou de difficultés liées aux jeux d’argent, il est conseillé de consulter un professionnel.
Pour plus d’informations sur l’évolution des cadres réglementaires en France, voir l’ANJ : anj.fr.
